Vers une pénurie de filament PLA ?

Le PLA est le matériau phare de l'impression 3D. Son succès ne décroit pas. Alors que le marché du bioplastique se tend, quel avenir pour le filament PLA ?

Le PLA, en quelques mots

Le PLA est un bioplastique issu de matières végétales. Il trouve très souvent son origine dans l'amidon de maïs. Contrairement à l'ABS ou au PET par exemple, il n'est pas issu de la pétrochimie mais bien de la biomasse.

Ce matériau trouve ses applications dans l'industrie de l'emballage depuis de longues années, le médical, et a été largement adopté plus récemment  dans le domaine de l'impression 3D.

Le filament PLA, l'incontourbale

Le PLA reste le matériau phare de l'impression 3D. Et sans doute pour de nombreuses années encore. Pourquoi ?

C'est le matériau le plus facile à imprimer. Il produit des objets avec un très beau rendu. Tout débutant en impression 3D doit faire ses armes sur le filament PLA avant de s'attaquer à des filaments plus capricieux.

Ses applications sont nombreuses,  de la production de pièces à vocation esthétique comme la production de maquettes pour l'architecture ou encore dans l'industrie à travers la validation de forme.

On a peu à reprocher au filament PLA : très facile à imprimer, rendu impeccable, variantes très nombreuses (coloris, paillettes, effet mat, etc). Son principal point faible est sa résistance limitée à la chaleur.

Pour finir, le caractère biosourcé de ce matériau séduit légitimement de nombreux utilisateurs.

Une pénurie, pourquoi ?

Avec les enjeux environnementaux grandissants, et on ne peut plus louable, soulignons-le, la demande du marché mondial est exponentielle envers les plastiques biosourcés. Les plastiques d'origine pétrolière à usage unique ou quasi-uniques sont progressivement bannis de notre quotidien : sacs plastiques, pailles, gobelets en plastique, etc. Aussi l'industrie de l'emballage se tourne de plus en plus vers les bioplastiques, dont le PLA.

Les tonnages de PLA utilisés pour l'impression 3D sont infinitésimales face aux consommations grandissantes des grandes industries. Il en résulte une pression très forte exercée sur le marché de l'impression 3D.

Les producteurs mondiaux de pellets de PLA peinent à suivre la demande de ces grandes industries. Il en résulte une tension grandissante dont l'impression 3D, très petite cliente à l'échelle de la consommation mondiale de PLA, risque d'en faire les frais.

Si à ce jour les producteurs de filaments PLA arrivent tant bien que mal à maintenir leurs volumes de production, il y a fort à craindre que, rapidement, l'offre de fil PLA se réduise et/ou soit victime d'une hausse des prix. Les signaux faibles font déjà leur apparition. L'issue semble inévitable.

Que va t'il se passer ?

Bonne question. L'avenir nous le dira. Il est probable que l'offre de PLA recyclé croit rapidement, et c'est une bonne chose. Il est également possible que le marché de l'impression 3D se tourne encore davantage vers le PET-G qui a déjà su se faire une belle place dans la panoplie des matériaux 3D.

Comme déjà évoqué, il convient que les acteurs de l'impression 3D visent à maitriser, ou même mieux, à réduire leur consommation de filament 3D.

A ce jour, pas de panique. Mais il convient de garder dans un coin de sa tête cette, plus que, tendance pour anticiper les changements à venir sur le marché des consommables 3D.